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Urban Protected Areas  (U.P.A.) Network, crée en 2009, est un réseau international, indépendant et sans but lucratif dont l’objectif est de regrouper équipes de recherches, gestionnaires d’aires protégées, collectivités territoriales et représentants de la société civile autour des questions liées aux rapports «ville-nature» et, en particulier, des aires protégées confrontées aux dynamiques urbaines.  UPA Network est né d’un programme de recherche transdisciplinaire et appliquée porté par l’INSTITUT LIBERTAS, institution associée au Laboratoire Gecko (Géographies Comparées des Nords et des Suds) de l’Université Paris Ouest Nanterre La Défense, avec le soutien du Programme Interdisciplinaire de Recherche Ville et Environnement-PIRVE (CNRS-MEEDDAT), France.

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Parc national de Tijuca à Rio

01.gifCe parc, créé en 1961, inclut des vestiges de la forêt tropicale atlantique, et a été classée Réserve de la Biosphère en 1991. La zone avait été progressivement couverte par des plantations de canne à sucre au 17ème siècle, puis de café. L’Empire brésilien décida de la protection et du reboisement à la fin du 19ème siècle, afin de limiter l’érosion du sol et d’assurer l’approvisionnement en eau de la capitale du pays. Bien que cette dernière fonction soit devenue résiduelle, la forêt de Tijuca joue un rôle paysager important et contribue à tempérer le micro-climat urbain. Au cœur de l’agglomération de Rio de Janeiro (12 millions d’habitants), le parc est fragilisé par des taux de fréquentation très élevés, l’expansion des zones urbanisées, l’exclusion sociale et la violence (Soares Gonçalves, 2010). Le Massif de Tijuca a perdu 12 km2 de forêt sur la période 1984-1996 en raison des constructions, tant légales qu’illégales,  de l’érosion des sols et des incendies.
En 2000, une nouvelle législation a défini le Système national d’unités de conservation de la nature, qui oblige à la participation de la société civile dans la gestion des zones protégées. Via un conseil consultatif, l’administration du parc de Tijuca cherche désormais une légitimité dans la concertation et la démocratie participative (Bruno-Lezy, 2008).


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Parc national de Sanjay Gandhi à Bombay

02.gifCréé à Bombay en 1950, il couvre aujourd’hui un total de 103 km2, mais son extension s’est faite par étapes, dans des conditions parfois difficiles, ce qui fait que ses limites sont contestées par de multiples acteurs. Si son rôle pour l’approvisionnement en eau des quelques 20 millions d’habitants de l’agglomération est devenu résiduel, la présence de cette forêt, pour l’essentiel semi-décidue, demeure essentielle pour limiter l’érosion, l’alluvionnement des fleuves côtiers, et tempérer le micro-climat urbain.
En 1995, plus de 500 000 personnes habitaient dans des bidonvilles à l’intérieur même du parc, rendant négligeable en comparaison la présence des 2 ou 3000 adivasis (aborigènes) qui continuent parfois à pratiquer l’agriculture et la récolte du bois de feu, sans compter des résidences bourgeoises. Une association écologiste a obtenu gain de cause auprès de la Cour Suprême. Mais les associations « vertes » s’opposent encore aux « rouges » défenseurs des bidonvilles, tandis que les promoteurs immobiliers guignent les espaces en partie dégagés, et qu’élus locaux et administration urbaine ont un jeu parfois très ambigu. Les gestionnaires du parc ambitionnent toujours de gérer cet espace comme n’importe quel autre parc national (avec la plus forte densité de léopards du monde) tandis que l’agglomération néglige le potentiel de cette enclave forestière : un modèle de « forêt urbaine » pleinement intégrée reste à inventer (Zerah, 2007 ; Landy et al. 2010).


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Actes BiodiverCities 2010. Recommandations aux auteurs

Appel à contribution

Ouvrage issu du colloque BiodiverCities 2010. Enjeux et stratégies de gestion durable des aires protégées urbaines et périurbaines au Nord et au Sud.

Le colloque international BiodiverCities 2010, dans le cadre du programme « Réseau d’aires protégées urbaines »  (PIRVE/CNRS-MEEDDAT), s’est consacré à une réflexion sur les rapports villes-nature à travers les enjeux et stratégies de gestion durable des espaces protégés confrontés aux dynamiques urbaines, au Nord et au Sud.

L’enjeu du colloque était de promouvoir la rencontre et la discussion entre chercheurs et acteurs de terrain, à propos d’un thème encore peu exploré par les organismes internationaux et la littérature scientifique. La nécessité de dialogue et de mise en réseau des expériences est apparue urgente. L’objectif de cet ouvrage est de proposer des thèmes et des outils de réflexion destinés à servir de support à la décision pour les gestionnaires des aires protégées et leurs partenaires et d’enrichir ainsi le débat scientifique.

Le contexte est celui d’une dynamique d’urbanisation croissante, avec de fortes inégalités socio-environnementales, des prévisions estiment à 61 % la part de citadins dans le monde en 2030, dont une croissance démographique de 93 % dans les agglomérations des pays en développement en 25 ans. Ainsi, faute de politiques d’aménagement et de logement, la majorité des nouveaux urbains, composée surtout d’une population pauvre, viendra alimenter bidonvilles, espaces interstitiels et périphéries de plus en plus lointaines. Parallèlement, dans les pays les plus riches, l’expansion urbaine, portée par celle des réseaux de communication, a changé l’échelle urbaine et a transformé la ville en « territoire urbanisé », où l’on voit apparaître de poches de pauvreté, crise économique oblige.

Alors même que les villes dépendent de biens et services dispensés par leur environnement proche, leur consommation de ressources naturelles et leur pollution représentent un fardeau de plus en plus lourd pour l’environnement. Cependant, les villes jouent aussi un rôle clé dans les efforts mondiaux visant à protéger et à gérer les écosystèmes vulnérables et la biodiversité. De plus, les espaces naturels restent essentiels pour le maintien des services environnementaux urbains et le bien-être des citadins. Or, les espaces naturels et agricoles représentent des surfaces convoitées pour les besoins de l’urbanisation. Étant donné l’importance de la concentration et de l’expansion urbaines dans le monde, de plus en plus d’espaces naturels protégés se retrouvent ainsi confrontés aux dynamiques urbaines.

Ce constat pragmatique de l’imbrication entre nature et ville a été confirmé par les interventions à BiodiverCities 2010. Nous vous invitons donc à vous interroger dans vos textes sur l’évolution des notions de « nature » et de « ville ». Peut-on parler d’« espace naturel » dans le cas d’une « nature domestiquée » en contexte urbain, fût-elle un parc national avec des grands félins comme à Bombay ou Nairobi ? Par ailleurs, le phénomène urbain semble avoir supplanté la notion de « ville », terme qui ne parviendrait plus aujourd’hui à contenir l’ensemble des « sujets » auxquels il se réfère, telles les mégalopoles (Lussault, 2007). L’évolution des notions de nature et de ville rend ainsi obsolète l’opposition entre les deux et ouvre notre compréhension sur la notion de « nature culturelle », qui apparaît en forêt amazonienne - un « jardin » cultivé par les Amérindiens pour leurs besoins (Hladik, 1996) -, au parc national Sanjay Gandhi, à Bombay, où des tribaux cultivent et trouvent plantes médicales et alimentaires, ou à Tijuca, à Rio, une forêt « culturelle » reconstituée par la main de l'homme.

Par conséquent, notre problématique se pose en termes d’interaction, et non plus d’opposition, entre les espaces naturels et urbains. Elle touche tout d’abord à la place et au rôle de cette « nature domestiquée » en ville. Les dénominations comme « city forests » ou « parcs urbains » révèlent le défi de rendre compatible l’oxymore qu’ils portent en eux : la « nature urbaine ». Une perspective complexe, mais par laquelle doivent probablement passer la « nature » et la ville pour leur survie. La tendance générale, qui ressort des différents exemples présentés à BiodiverCities 2010, est celle d’un mouvement collectif vers l’intégration de la nature à la ville et d’adaptation du modèle urbain aux impératifs environnementaux, en passant par une mise en valeur de la nature qui apporte une amélioration de la qualité de la ville et de la vie en ville. Vous êtes donc invités à vous interroger sur l’émergence d’un nouveau paradigme de gestion de la nature tourné vers une durabilité des espaces protégés, elle-même intégrée à la notion de durabilité urbaine.

L’objet d’une aire protégée est de conserver la biodiversité des milieux, généralement considérés comme « naturels », sur un territoire délimité et fixé par l’autorité publique. Dans les agglomérations urbaines, ceci pose des problèmes d’aménagement, tant en termes d’occupation de l’espace que de dynamiques d’interfaces, et soulève des questions en matière de territorialités, de représentations, d’usages, de risques et de conflits socio-environnementaux liés, notamment, aux situations d’inégalités sociales et d’injustice spatiale. Il serait intéressant d’analyser ces questions, abordées pendant le colloque, à l’articulation des politiques urbaines et environnementales, toujours dans une perspective de réciprocité, c’est-à-dire, de mettre en rapport les politiques et actions issues des acteurs de la ville avec celles provenant des gestionnaires des aires protégées.

Dans ce jeu d’actions-rétroactions entre villes et aires protégées, les thématiques suivantes, émergeantes à l’issue du colloque, pourront être abordées :

a) L’émergence d’une « nature culturelle ».

b) La durabilité des espaces protégés intégrée à la notion de durabilité urbaine.

c) Le rôle des aires protégées comme plus-value environnementale (vitrine de la conservation ; accès à la nature pour les citadins ; éducation à l’environnement ; services environnementaux ; etc.)

d) La gouvernance des aires protégées, comprenant plus spécifiquement :

e) Les politiques urbaines vis-à-vis des espaces protégés (intégration, marginalisation, empiétement, domination, etc.).

f) Quel rôle pour les populations locales (péri-) urbaines et quelle prise en compte des populations indigènes dans la gestion des aires protégées ?

g) Les conflits entre protection de la nature et dynamiques urbaines.

h) Les réponses apportées aux défis de gestion des AP et les initiatives des villes en direction des aires protégées (à partir d’exemples concrets au sujet des démarches politiques, des stratégies de gestion et des outils opérationnels).

Nous invitons les auteurs à relever le défi proposé par cet ouvrage, dans la continuité de celui du colloque, à savoir, celui de faire le pont entre la recherche scientifique et les acteurs de terrain pour que les études des uns puissent alimenter les actions des autres et vice-versa.

Les textes, présentés selon les normes du fichier joint, devront nous parvenir avant le 15 décembre 2010 et seront évalués par le conseil scientifique.

A l’issue de cette évaluation (dont la réponse vous parviendra le 15 février 2011), les textes retenus devront être repris et retournés dans leur version finale pour le 30 mars 2011. La publication est attendue pour l’automne 2011.



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Colloque international BiodiverCities 2010

Enjeux et stratégies de gestion durable des aires protégées urbaines et périurbaines au Nord et au Sud ». 6-7-8 septembre 2010 – PARIS (www.biodivercities.net)

Le Réseau d’Aires Protégées Urbaines (UPA Network), dans le cadre de l’Année internationale de la biodiversité, organise un colloque international sur les rapports villes-nature à travers les enjeux et stratégies de gestion durable des aires protégées confrontées aux dynamiques urbaines, au Nord et au Sud.



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